« Les flux migratoires internationaux représentent des enjeux très différents (géographiques, économiques, sociaux ou encore politiques et géopolitiques). » (programme de géographie de 2e générale et technologique). Le cinéma permet d’incarner ces enjeux géographiques et civiques. Deux approches ont ainsi été proposées aux 2es 4 et 5 de notre lycée : Moi Capitaine, récit frontal et documentaire sur les routes clandestines des migrations africaines actuelles, et La Traversée, conte universel sur l’exil forcé.
En janvier 2024, alors que l’ONU évaluait à plus de 2500 le nombre de migrants disparus en Méditerranée pour la seule année 2023, sortait dans les salles françaises Moi Capitaine. Nous pouvons y suivre Seydou et Moussa, deux Sénégalais de 16 ans, qui décident de rejoindre l’Europe. Mais les désillusions s’enchaînent sur les routes clandestines des migrations, au Niger et surtout en Libye. Le réalisateur italien Matteo Garrone confie avoir voulu rendre de l’humanité à des flux migratoires souvent réduits aux mêmes images et à des chiffres. Il évoque « des embarcations retournées en pleine mer, des cadavres flottants, des migrants désespérés implorant de l’aide, l’habituel décompte des morts et des vivants. Je m’étais malheureusement habitué à n’y voir que des chiffres, et non plus des êtres humains ». Ce film « au plus proche de la réalité » (Mamadou Kouassi, consultant au scénario), a donc allié un recueil minutieux de témoignages et une collaboration constante avec des jeunes filles et garçons rescapés de cette longue traversée, de l’Afrique d’abord, de la Méditerranée ensuite.
Cette fidèle reconstitution a parfois ébranlé nos élèves, qui ignoraient entre autres l’existence des marchés aux esclaves libyens, ou la durée d’un voyage migratoire (qui peut s’étirer sur plusieurs années). Deux intervenants de l’association de sauvetage en mer SOS Méditerranée ont apporté un éclairage complémentaire sur les traversées de cette mer à bord d’embarcations de fortune, l’assistance défaillante des Etats riverains aux naufragés, et la difficile reconstruction physique et psychologique des survivants.
En 2006, Patrick Zachmann, photographe pour l’agence Magnum, signe des reportages sur les migrants venus d’Afrique échoués sur l’île de Lampedusa. En regardant ces images, son épouse Florence Miailhe repense à son arrière grand-mère qui, en 1905, avait quitté Odessa (Ukraine) pour fuir les pogroms, passant par la France et la Roumanie avec ses dix enfants. C’est ainsi que naît l’idée de La Traversée, film d’animation sorti en 2021. Un frère et une sœur, Kyona et Adriel, fuient leur village pillé pour rejoindre un pays au régime plus clément. Ils traversent un continent imaginaire, dont la géographie et les noms évoquent toutefois des réalités européennes. C’est donc un récit atemporel et à vocation universelle sur les migrations et l’exil que livre la réalisatrice. L’odyssée de Kyona et Adriel résonne avec celle de Seydou et Moussa. Les avatars modernes d’ogres ou de sorcières croisés dans La Traversée, des marâtres et des voleurs d’enfants, sont aussi les passeurs, les mafias libyennes et les marchands d’esclaves de Moi Capitaine.
A travers deux expériences cinématographiques très différentes, nos élèves ont ainsi appréhendé les réalités des phénomènes migratoires. Au-delà des chiffres, des catégorisations géographiques et causales (migrations socio-économiques, politiques, climatiques), ce sont des trajectoires individuelles et familiales qui se dessinent.
Intervention ONG SOS Méditerranée
jeudi 18 avril 2024 – Lgt Les Eucalyptus
Dans le contexte d’un projet autour des migrations alliant objets d’étude au programme, engagement citoyen et ouverture culturelle, trois classes du LGT Les Eucalyptus (élèves de seconde et de terminale) ont pu rencontrer Philippe Collet et Sabine Hachon, bénévoles au sein de l’organisation SOS Méditerranée.
Un peu d’histoire…En 2013, devant la catastrophe humanitaire qui s’intensifie au large de l’île de Lampedusa, l’action Mare nostrum est mise en place et financée par l’Europe, mais elle prend finalement fin un an plus tard. C’est alors que l’allemand Klaus Vogel et la française Sophie Beau pensent créer une association civile et européenne de sauvetage en mer, SOS Méditerranée naît en 2015. Un groupement d’engagés humanitaires et de militants de quatre pays (Allemagne, France, Italie, Suisse) coordonnent et font vivre l’organisation. En 2016, L’Aquarius, le premier bateau sauveteur est affrété par SOS, il est aujourd’hui remplacé par l’Ocean Viking qui bat pavillon norvégien. L’Ocean Viking peut secourir jusqu’à 500 personnes, MSF puis FICR assure le suivi médical et 22 corps de métier se coordonnent lors des actions.

Le droit maritime international n’étant malheureusement pas respecté : obligation de secourir ; secourir indépendamment de la nationalité ; débarquer rapidement ; débarquer dans un lieu sûr et sécure…l’organisation a à cœur de rappeler régulièrement ses objectifs : Sauver / Protéger / Témoigner.
En 2024, le constat est très pessimiste ! L’Europe qui finance la Libye pour « réguler » les passages, minimise en réalité les trafics et la corruption incontrôlables ancrés dans les pratiques et ferme les yeux sur les atrocités que rencontrent les migrants tout au long de leur périple, vols, viols, emprisonnement, tortures…l’horreur dans l’horreur. L’agence Frontex (1) tente d’agir en modératrice mais n’a que peu d’influence sur l’ensemble de ces réseaux enkystés. Aujourd’hui les pays qui continuent d’accueillir sont la France, l’Espagne, l’Italie et Malte. La Grèce n’a plus la capacité d’accueillir.
Les routes migratoires de l’Afrique vers l’Europe

Un bilan positif mais néanmoins frustrant : 40000 personnes sauvées depuis 2016, 44 nationalités différentes, de plus en plus de mineurs isolés, des bébés (la plupart des bébés qui naissent en mer sont le fruit de viols, on leur donne la nationalité norvégienne, pavillon de l’Ocean Viking). Porter secours en mer est une action très périlleuse, cela se passe souvent de nuit, dans des conditions météorologiques et maritimes dangereuses, les équipes sont composées de grands professionnels habilités et volontaires pour ces sauvetages, les risques sont grands et la mise en place logistique particulièrement minutieuse. L’obstacle de la langue est également à prendre en compte, c’est un handicap supplémentaire dans le parcours des migrants, au moment du secours mais également dans tout le parcours d’accueil qui va suivre.
Tenter de sensibiliser les jeunes à ces problématiques est un acte militant fort ! Un immense merci à Sabine et Philippe pour leur gentillesse et leur écoute.
1- L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) a pour rôle d’aider les Etats membres de l’Union européenne et de l’espace Schengen à sécuriser leurs frontières extérieures. Sa principale mission est de contrôler les migrations vers le continent européen.

La « prépa-seconde » s’adresse aux élèves de 3ème qui sont admis en seconde (générale et technologique ou professionnelle) lors du dernier conseil de classe de l’année scolaire mais qui n’ont pas obtenu le diplôme national du brevet (DNB).
La « prépa-seconde » leur permettra de se familiariser avec les pratiques et méthodes du lycée, de se donner du temps pour des apprentissages solides. Elle repose sur une pédagogie de projet qui s’applique aussi bien aux contenus disciplinaires tournés vers les savoirs fondamentaux qu’aux heures destinées à la méthodologie et à la poursuite du parcours. Durant cette année de classe « prépa-seconde », les élèves pourront confirmer ou mieux définir leur projet d’orientation, voire le modifier.
Les élèves cette année, tous de la même classe, la terminale Systèmes Numériques, ont été préparé par la comédienne Eve Pereur venue leur apprendre à désapprendre. Les textes ont été écrits dans un jet spontané afin d’être au plus près de chacun pour que « parler à son moi d’après, soit aussi parler à son moi d’aujourd’hui » . Tels sont les premiers mots d’Eve Pereur dans son accompagnement auprès des élèves.
C’est aussi cela que le Théâtre National de Nice propose à travers ces rencontres. Des mots en cascade, un marathon de lettres qui témoigne et donne la parole à tous et peut-être à tous ceux qui ne l’auraient jamais prise sans cette occasion.







Le groupe « Conception et Simulation », c’est la section bac Pro Mp-3D qui a pris en charge ce groupe, chaque élève venant avec sa toupie esquissée sous forme de croquis, les futurs bacheliers ont réalisé une modélisation de leur création. Arrive le test ultime, la simulation, quelle est la durée d’équilibre de la toupie réalisée. Chaque enfant repart avec une représentation 3D de son œuvre.
La proposition d’une programmation variée dans les thématiques, écritures, mises en scène a été une grande chance : 3 spectacles du festival IN, 1 du festival OFF et 1 spectacle dédié à Jean Vilar, le créateur historique du Festival d’Avignon en 1947, couplé avec la visite du musée (expositions, librairie) et un accès privilégié aux armoires où sont conservés les costumes des plus célèbres pièces jouées dès les premières années avec de non moins célèbres comédiennes et comédiens, pour n’en citer qu’un Le Cid interprété par Gérard Philippe !
Les élèves ont appris sur cet art et fait valoir leur esprit critique : « Je me sens beaucoup plus familier avec le théâtre et j’ai développé un attrait pour cet art que je trouvais plutôt rébarbatif. Je pense donc continuer à aller au théâtre même après ce voyage » (Noa). « Ce séjour m’a donné envie de revenir au Festival » (Maxence). « Du matin au soir la ville est toujours animée. On a vraiment pu être immergé dans l’univers du spectacle » (Clarisse). « Cela permet de découvrir nos goûts, ce qui est important lorsqu’on découvre le théâtre » (Noa).
Mais, par-dessus tout, c’est l’expérience humaine qui a séduit les lycéens : « Humainement, j’y ai fait de très bonnes rencontres avec les lycéens des autres lycées, notamment d’Aix-en-Provence. J’ai même gardé le contact avec l’un d’entre eux. Le fait de se mélanger avec d’autres lycées est une très bonne chose et a énormément apporté à ce voyage » (Noa). « J’ai rencontré des personnes avec qui je n’aurais pas spécialement sympathisé en temps normal, et on a partagé des moments incroyables » (Maeva). « Cela m’a permis de découvrir d’autres jeunes ayant les mêmes opinions que moi ou pas, d’en débattre, mais aussi d’en savoir un peu plus sur les différentes villes de la région » (Ewan). « Nous avons tissé des liens avec des lycéens des Eucas que nous avions déjà croisés dans les couloirs mais nous ne nous étions jamais parlés. J’ai fait des rencontres exceptionnelles » (Pauline). « On a pu faire de nouvelles rencontres avec les autres lycées lors des ateliers ou même lors des pauses pour sympathiser » (Maxence). « Cette expérience m’a permis de comprendre que c’est important de tisser des liens et de passer du temps avec des personnes afin d’échanger nos ressentis et de découvrir plus de choses ensemble » (Rose). « C’est une amélioration de mon niveau de confiance, de patience, de respect, de philosophie et de culture » (Clark). « J’ai pu vaincre ma timidité » (Clarisse). « Ce voyage était une expérience exceptionnelle. Merci de nous avoir permis d’y participer » (Pauline). « Même en structure c’était super, que ce soit l’ambiance, les personnes qui nous ont accueillis ou les professeurs. Tout était super ! Merci pour ce séjour ! » (Maeva) « Et puis, comme a dit Tiago Rodrigues, nous ne sommes pas simplement allés au Festival d’Avignon, nous l’avons fait ! » (Louis).